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Correction de la lettre de Lili

vendredi 15 octobre 2010, par Allaudien

Il n’est pas facile de re-écrire la lettre de Lili des Bellons, ce n’est pas que la lettre soit sacrée, mais elle ne devrait pas être modifiée, re-écrite.
C’est pourquoi nous vous proposons non pas une correction de la lettre de lili, mais une lecture corrigée, disons une lecture par Marcel Pagnol.

Nous sommes dans le second tome des souvenirs d’enfance, Marcel vient de recevoir une lettre, c’est Lili des Bellons qui lui écrit.

Ô collègue ! je met la main à la plume pour te dire que les grives ne sont pas venues cette année, rien mais rien du tout même les darnagas sont partis, comme toi. Je n’en ai pas pris deux, les perdreaux non plus. Je n’y vais plus, ce n’est pas la peine. Il vaut bien mieux travailler à l’école pour apprendre l’orthographe. Sinon, ce n’est pas possible, même les alludes, il y en a guère, elles sont si petites que les oiseaux n’en veulent pas.

C’est malheureux, tu en as de la chance de ne pas être ici, c’est un désastre. Je me languis que tu viennes. Alors, les oiseaux, ça fera autant de perdreaux et de grives pour Noël. En plus, il m’ont volé douze pièges et au moins cinquante grives. Je sais qui c’est. Les plus beaux pièges, c’est celui d’Allauch, le Boiteux. Rappelle toi que je m’en souviendrais. Et en plus, il fait froid avec le Mistral, tous les jours à la chasse, j’ai les pieds glacés. Heureusement que j’ai le cache-nez. Mais je me languis de toi.

Baptistin est content : il prend trente grives par jour, à la glu. Avant hier, il a pris dix ortolans, et samedi douze "Saire Gavotte", à la glu. Avant hier, je suis allé sur Tête Rouge, j’ai voulu écouter la Pierre-qui-chante, ça m’a glacé l’oreille. Elle ne veut plus chanter, elle ne fait que pleurer. Voilà les nouvelles.

Salut la compagnie.

Je t’envoie une feuille de sauge pour toi et une violette pour ta mère.

Ton ami pour la vie, Lili.

Mon adresse : Les Bellons par la Valentine France.

Ça fait trois jours que je t’écris, parce que le soir je continue. ma mère est contente, elle croit que je fais mes devoirs sur mon cahier, mais après, je déchire la page.
Le tonnerre a escagassé le grand pin de la Garette. Il ne reste plus que le tronc, il est pointu comme un sifflet.

Adessias.
Je me langui de toi.

Mon adresse : Les Bellons par la Valentine France.
Le facteur s’appelle Fernand, tout le monde le connait, il ne peut pas se tromper, il me connais très bien, moi aussi.

Ton ami pour la vie.

Lili.

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