samedi 14 juin 2008, par Allaudien
Le Monde de l’enfance, raconté avec minutie lu, avec délectation dans les Souvenirs d’enfance semble loin de la réalité de ce que vivent enfants, parents. L’enfance ne serait elle plus du Pagnol ? Déception !
Les échanges entre les blondinets et les adultes du monde de Pagnol sont sous le verbe et l’œil observateur de leur auteur d’un naturel et d’une richesse démesurée avec ce que de nos jours parents et enfants vivent.
Les occupations de chacun ne sont plus les mêmes qu’autrefois et les centres d’intérêts biens plus riches et diversifiés de nos jours qu’il y a plus d’un siècle. La famille dispose toujpurs d’un cercle, mais son centre est moins important et sa périphérie bien plus importantes. Si les grands parents ont aggrandit ce cercle, les distances ont bien souvent éloignés les familles des membres qui la composent.
Dans cet environnement, bien différent ce celui qu’à pu connaitre Pagnol, les communications entre les éléments de la famille semblent bien plus pauvres qu’auparavant alors qu’inversement les outils de communication se sont multipliés (webcam, téléphone portable, internet en continu).
Si entre la Gare de la barasse et "l’Asile des vacances", Pagnol pouvait bénéficier d’heures de discussion avec le monde adulte, de nos jours ces moments intimes au sein de la famille se font plutôt rares.
Et ainsi se passe l’enfance, de manière heureuse, avec d’autres satisfactions que ces moments de discussions qu’il faut réinventer ... Le monde de l’enfance n’est pas sollicité pour discuter, parler, échanger posément avec le monde des adultes. Si échange, il y a, c’est entre la tartine et l’école, entre le 20h et le match de foot, et s’il y a un besoin coté parent d’aller rencontrer ses enfants, il n’y a pas ce même besoin du coté des enfants, plongé qu’ils sont dans leur monde, fait de copains, de cours de récréation, d’aventures de la vie par écran de console de jeu interposé.
Ainsi l’enfance glisse du monde de l’enfance et s’ouvre par une crise vers le monde de l’adulte, on passe de "La gloire de mon père", au "Château de ma mère", puis "Au temps des secrets", et lorsque garçon ou fille prennent réellement connaissance, conscience du monde de l’adulte et échangent avec ceux de leur entourage, l’enfance est passée.
L’enfance passée, les souvenirs d’enfance, c’est alors pleinement du Pagnol, ce regard de l’enfant que l’on a été et qui échange au travers du temps avec l’adulte que l’on est.