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La vie c’est pas du Pagnol

samedi 14 juin 2008, par Allaudien

Regardez vos enfants grandir, peu de vrais échanges avec les adultes, ce n’est pas du Pagnol ça, déception ?
Le monde de l’enfance tant décrit par Marcel Pagnol, expliqué par Françoise Dolto, ne peut être complètement compris, s’il n’est pas vécu.


Le Monde de l’enfance, raconté avec minutie lu, avec délectation dans les Souvenirs d’enfance semble loin de la réalité de ce que vivent enfants, parents. L’enfance ne serait elle plus du Pagnol ? Déception !

Les échanges entre les blondinets et les adultes du monde de Pagnol sont sous le verbe et l’œil observateur de leur auteur d’un naturel et d’une richesse démesurée avec ce que de nos jours parents et enfants vivent.

Les occupations de chacun ne sont plus les mêmes qu’autrefois et les centres d’intérêts biens plus riches et diversifiés de nos jours qu’il y a plus d’un siècle. La famille dispose toujpurs d’un cercle, mais son centre est moins important et sa périphérie bien plus importantes. Si les grands parents ont aggrandit ce cercle, les distances ont bien souvent éloignés les familles des membres qui la composent.

Dans cet environnement, bien différent ce celui qu’à pu connaitre Pagnol, les communications entre les éléments de la famille semblent bien plus pauvres qu’auparavant alors qu’inversement les outils de communication se sont multipliés (webcam, téléphone portable, internet en continu).

Si entre la Gare de la barasse et "l’Asile des vacances", Pagnol pouvait bénéficier d’heures de discussion avec le monde adulte, de nos jours ces moments intimes au sein de la famille se font plutôt rares.

Et ainsi se passe l’enfance, de manière heureuse, avec d’autres satisfactions que ces moments de discussions qu’il faut réinventer ... Le monde de l’enfance n’est pas sollicité pour discuter, parler, échanger posément avec le monde des adultes. Si échange, il y a, c’est entre la tartine et l’école, entre le 20h et le match de foot, et s’il y a un besoin coté parent d’aller rencontrer ses enfants, il n’y a pas ce même besoin du coté des enfants, plongé qu’ils sont dans leur monde, fait de copains, de cours de récréation, d’aventures de la vie par écran de console de jeu interposé.

Ainsi l’enfance glisse du monde de l’enfance et s’ouvre par une crise vers le monde de l’adulte, on passe de "La gloire de mon père", au "Château de ma mère", puis "Au temps des secrets", et lorsque garçon ou fille prennent réellement connaissance, conscience du monde de l’adulte et échangent avec ceux de leur entourage, l’enfance est passée.

L’enfance passée, les souvenirs d’enfance, c’est alors pleinement du Pagnol, ce regard de l’enfant que l’on a été et qui échange au travers du temps avec l’adulte que l’on est.



Messages

  • Comme toute la vie en général, l’ère des communications intantannées et constantes a amoindri la qualité humaine des rapports entre les êtres. D’où l’importance d’une plus grande diffusion des oeuvres de Pagnol. Celles-çi sont à l’enfance ce que la lumière est à la pénombre : c’est une illumination, un révélateur des sentiments étouffés par la technologie ambiante.

    L’être humain n’a pu changer en quelques décennies, Dieu merci, au point de ne plus reconnaître les beaux sentiments, les charmantes évolutions des personnalités enfantines, les détestables perversions ponctuelles et passagères nécessaires au lent mûrissement de l’âme humaine.

    Les vérités exprimées dans cette partie de l’oeuvre de Pagnol ont été, sont et demeurent une illustration de son enfance à lui, certes, mais aussi et de magistrale façon, du résultat de la maturation, de l’épanouissement et finalement de la transformation d’un être humain enfant en un être humain adulte.

    Les "vrais échanges avec les adultes" ont diminué en quantité et en qualité ; mais nos enfants ont besoin de balises et vont même les réclamer sans trop savoir comment exprimer ce besoin intrinsèque et naturel. À nous d’imiter Joseph et de savoir discerner cette quête de sagesse et d’expérience que nos enfants nous signalent parfois subtilement, parfois même à tue-tête. Joseph et Augustine l’auraient fait.

    Nos enfants grandissent, nos échanges changent, c’est ça du Pagnol !

    • Jack Monoloy.......était fringant......un Québecois surement ?

    • Moi, j’sens la morue ? Ahhhhh là....! Ah là Cailloux..........., tu perds du naturel...!

    • J’ignore si René est québécois ou non ; je crois donc devoir revenir clarifier ma réponse étant donné que celle du 18 juillet est tombée à plat. Je voulais donc répondre à René :

      Bien sûr que je suis québécois. Et comment que je suis québécois !

      La ligne du 18 juillet est extraite d’une tirade que Vigneault faisait quand il interprétait sa chanson "Cailloux Lapierre". Vigneault est d’ailleurs un remarquable conteur. Son oeuvre a aussi quelques similitudes avec celle de Pagnol : description savoureuses des "gens de son pays", ode à la nature qui l’a vu grandir, pittoresque poésie du verbe, de la prose et du vers, fine analyse des sentiments humains.

      Alors salut à René et à tous les amis de Pagnol.

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