vendredi 11 février 2005, par Allaudien
Bonjour Nadia
Voici ce qu’avait écrit Escaouprés sur l’ancien forum C’est l’histoire vraie d’un petit garçon, qui vivait en Provence au début du siècle. Il était très intelligent, sensible et avait beaucoup d’imagination. Ainsi jamais il ne fit faire ses devoirs par Internet. Bref, il aimait bien sa maman. Pour lui, elle était toujours restée jolie et jeune mais hélàs de santé fragile. Et le petit Marcel de vouloir tout naturellement la protéger, voire la délivrer de ce château imaginaire qui emprisonne souvent les princesses, tel le chevalier Bélérophon terrassant le dragon. Ce dragon était incarné par un méchant gardien de château (celui de la Buzine, je crois) et son horrible chien baveux. Ils avaient terrorisé la pauvre Augustine, et humilié Joseph -père de Marcel, en leur dressant un procès-verbal pour avoir traversé les terres du "Baron d’agneau" (ce n’est pas son vrai nom, c’est un jeu de mots ironique dans l’histoire). En effet, la famille Pagnol prenait souvent un raccourci commode en longeant, à pied, le canal qui traversait (et qui traverse toujours) d’immenses propriétés, pour aller dans leur cabanon de vacances aux Bellons. Joseph avait obtenu un double de la clé par Bouzigue, le piqueur du canal, un de ses anciens élèves. Mais ce jour là, le gardien avait mis une chaîne sur la dernière porte, celle qui les séparait des vacances tant rêvées et des belles collines. Ils étaient pris au piège. Augustine en perdit même connaissance et Joseph se voyait déjà révoqué, car il était instituteur.
Devenu adulte, écrivain et cinéaste de talent, Marcel achètera sans le savoir ce château pour l’aménager en studio de cinéma. En le visitant, il est pris d’un malaise et éprouve le besoin de prendre l’air. En marchant au hasard, il aperçoit soudain le canal derrière le rideau d’arbustes, la maudite porte qui symbolisait l’humliation de son père et le cauchemard d’Augustine, le château où sa mère était restée comme en prison, celle de la peur et de la honte, était encore là, quoiqu’à moitié pourrie. Il la défonça d’un coupe de pied.
La morale de cette belle histoire, c’est que même dans l’enfance la plus heureuse (et le récit des vacances aux Bellons est merveilleux), il y a toujours des souvenirs et pénibles, des fardeaux que l’on transporte malgré soi, tel des pénitents, et c’est ici le fardeau de sa chère mère. Même si Pagnol est un écrivain foncièrement positif et n’en parle qu’à demi-mots, Le Château de ma mère, est une oeuvre de la faiblesse et de la détresse humaine devant l’impermanence du monde et des êtres qui nous sont chers.
"Comme on est faible quand on est dans son tort !" avait gémit Joseph.
Fais en bon usage et bienvenue à toi
"Oh collègue" : Avec cette façon d’appeler Marcel dans un style purement provençal, Lili des Bellons, le petit paysan semble être l’ami d’enfance révé ; celui dont on se souvient plus tard, peut-être comme dans un rêve, mais avec des souvenirs d’adultes plein de trous à reboucher.
Dans le chateau de ma mère, c’est cette amitié là qui est soulignée, celle ci qui a permis à Marcel de contruire Pagnol, peut-être plus vite qu’il n’aurait aimé avec la disparition du soldat David Magnan en 1918 à Vrigny (Marne).
Comme il était bon d’être ado et d’avoir un ami, un frère, et d’avoir l’insousciance du temps qui passe.
Le Colonel David Magnan dit Lili des Bellons...
Son nom a d’ailleurs été donné au chemin qui mène à la bastide Neuve des Pagnol, j’y suis allé recemment, et j’ai quelques photos si certains sont interessés ?
Lili des Bellons n’a hélas pas eu le temps ni "la gloire" de devenir colonel. Il est décédé en 1918 à 20 ans.
Je ne crois pas qu’un nom de rue porte son nom à La Treille, aux Bellons ou même à Allauch.
Il semblerait que Pagnol ait employé des termes plus « appropriés » vis à vis de la disparition de son petit frère des collines.
Pagnol est resté au niveau floral, voire de connaissances des noms de fleurs, et non de canons, lesquels devaient être peu utilisés dans les tranchées.
Mais dans le concept, hélas, nous ne somme pas loin, et cette vie perdue a causé plus de chagrin dans les familles que de bienfaits pour la France.
Et en quelques mots biens choisis, Pagnol a réussi a nous faire passer l’injustice de la guerre.
Vladimir Cosma a composé beaucoup de musique de films de Pagnol, elles apportent chacune leurs parfums de Provence et leurs images de films, mais il en est une qui sonne différement et semble apporter plus : la musique du chateau de ma mère. L’introduction est au piano, accompagné ensuite de violons, et le rythme lent est bien marqué, il nous fait prendre du recul et l’on se retrouve là comme à la fin du film, attablé sous le figuier de la Bastide Neuve à admirer le regard de cette mère fragile, à se rappeler les souvenirs dans les collines et prendre la teneur du temps qui passe et qui comme les grains de sable nous file entre les doigts.
Et les souvenirs qui restent sont comme ces notes de musique, des instants trop courts mais biens marqués par le temps.
Ah cette musique ! Allez tiens une petite annecdote permettant de penser que Pagnol est dans la mémoire collective. Ma nièce (née il y a bientot trente ans) a été attirée par la musique sortie de l’ordinateur, non pas que ce soit une nouveauté mais que la musique lui disait quelque chose.
Elle s’approche, écoute plus attentivement, rien ne vient, elle cherche dans ses souvenirs mais ne trouve pas quelle est cette musique ni quelles sont les raisons de sa curiosité sur cette musique si prenante. Je lui montre une photo en noir et blanc, et aussitot elle bafouille, la gloire de mon .... puis corrige Le Chateau de ma mère !
Bien voilà, sur la photo qui date de 1917, il y a une route qui se separe en deux voies, avec une croix à l’intersection. Sur la route qui vient de droite, il y a un TramWay.
(L’intersection est celle des Camoins, la route de droite va à Eoures, celle de gauche monte à la Treille )
Je crois comprendre que vous possédez certaines de ces bandes-originales ? Serait-il possible pour vous de m’en envoyer ?
J’attends votre réponse et vous enverrais mon adresse mail si réponse il y a !
Merci par avance Marine.
je suis comme Marine j’aimerais bien recevoir des musiques du film
quelqu’un en possède t-il ?
merci de nous contacter
Voir en ligne : Du Château Saint Antoine au Château de la Buzine
Les cartes ont été mises à jour coté présentation avec le chemin des vacances
Ainsi le chemin du canal entre le Château Saint Antoine et la Valentine devient une piste plus sérieuse, invalidant le fait que Pagnol ait un jour vu le château Régis de près.
Si ce château est pris pour celui de La Belle Au Bois Dormant avec ses tours façon Chenonceau, Pagnol et sa famille n’y sont pas passés au pied pour rejoindre Le bar des Quatre Saisons, la carte montre que le parcours éventuel est plus long via l’est.
Y a t’il un bout du canal de Marseille proche de Régis et Réynarde permettant aux Pagnol d’y traverser les propriètes. Il semblerait que Pagnol nous ait joué des tours ...
Voir en ligne : Lieux de tournage
Sauf erreur de ma part, ce château des Vaudrans était situé dans les collines de la Salette, au dessus de la Valentine.
Si c’est celui auquel je pense , il est au delà du circuit qui mène de la barrasse à la bastide neuve.
Je viens de prendre connaissance de votre dossier que j’ai trouvé passionnant. J’essaie d’apporter ma contribution à la solution du mystère.
Le récit de Pagnol est une reconstruction. L’imagination y a sa part, mais elle s’appuie sur les éléments forts de la réalité qui ont fait une si vive impression sur la sensibilité de l’enfant Marcel. Trois de ces éléments jouent, me semble-t-il, un rôle essentiel : Le canal et l’enchantement de la promenade sur ses berges. Les portes fermées à clé, bien plus impressionnantes pour les enfants que pour les adultes, obstacle visuel et émotif autant que pratique. Les trois châteaux en enfilade dont la famille était obligée de suivre longuement les murs, avec leur part de mystère et de crainte. Le dernier de ces châteaux était incontestablement la Buzine et, derrière, on voit bien en effet sur la carte que s’ouvrait le chemin qui , ô merveille, donnait directement sur les Quatre-Saisons. je dirai plus loin pourquoi je crois que le premier était le château Montgrand, le deuxième étant le château Régis. La Reynarde, un peu plus à l’Est, n’était probablement pas sur le trajet.. Seulement, on ne peut pas trouver tous ces éléments sur un seul et même trajet. Ce qui laisse penser que la famille a dû tester plusieurs itinéraires, et que la reconstruction finale est un mélange de ces expériences.
Le premier itinéraire partait certainement de la gare de la Barasse, terminus du tramway . Ce tramway circulait sur la route nationale. Je ne crois pas pour autant que la famille ait pris, vers l’Est, cette route nationale, comme vous le supposez. L’endroit était horriblement rébarbatif et ne pouvait servir de support à l’enthousiasme de personne. D’ailleurs, le trajet eût été ainsi bien long Il est plus probable qu’elle descendait aussi vite que possible, plein Nord, vers l’Huveaune qu’elle traversait sur un pont. Il en existait plusieurs et je ne peux pas situer lequel elle choisissait. Après le pont, elle trouvait l’obstacle du mur du canal. Cet obstacle, au début, elle devait le contourner, par l’Ouest peut-être, par l’Est plus probablement. Peut-être rencontrait-elle ainsi les murs du château Saint-Antoine et peut-être est-ce la clé de ce château que Bouzigue lui a donnée ? L’épisode de l’affreux garde se serait passé ici ( et pas à la Buzine) Je n’arrive pas à reconstituer ce qu’a dû être cet itinéraire qui, en l’absence de la clé salvatrice, était, d’après Marcel, très long. Le plus probable est qu’après un détour plus ou moins grand, il rejoignait votre itinéraire n°2 et montait ensuite lentement vers les Quatre-Saisons. Il n’est pas exclu cependant que, déportant la famille vers l’Est, il ait abouti derrière le château Montgrand, situé sur le territoire de la commune de Saint-Menet, dont elle aurait donc dû suivre les murs. Vous ignorez ce château parce qu’il a disparu. Il était situé à l’emplacement de l’actuelle usine Nestlé, Nestlé ayant acheté le domaine après la guerre et démoli le château pour construire son usine. J’ai de son existence de multiples témoignages que je ne peux pas développer ici. A ce point, l’itinéraire se confondrait avec celui que je décris ci-dessous
La famille a en effet, plus que probablement, testé ce deuxième itinéraire, beaucoup plus court. Il emprunte à votre schéma n°1, mais avec des différences importantes. D’abord, on ne partait plus de la gare de tramway de la Barasse. La famille allait prendre à la gare ( ferroviaire) Saint-Charles qui n’était pas beaucoup plus loin de son domicile que la gare ( de tramways) de l’Est, le train Marseille-Aubagne-Toulon. Cette ligne qui comptait de nombreux arrêts desservait toute la vallée de l’Huveaune. En l’absence de voitures particulières c’était le moyen de jonction normal des villages entre eux et avec les deux villes d’Aubagne et de Marseille Les Pagnol descendaient à la gare de Saint-Menet. Elle est facile à localiser sur vos cartes. Elle se situe au milieu de la partie Nord-Sud de votre trajet n°1, sur l’Avenue de la Gare qui joignait, en passant par-dessus l’Huveaune et la voie ferrée, La Millière à Saint-Menet. La famille laissait à gauche le château Montgrand et gagnait l’extrémité de l’Avenue de la Gare. Là, elle n’avait aucune raison de faire, comme vous le pensez, un détour vers l’Ouest et la Valentine. Elle n’avait qu’à prendre, en face d’elle la Traverse des Ecoles, ou peut-être la Montée de Saint-Menet qui, toutes les deux, débouchaient sur la Traverse de la Buzine. Elle longeait les murs du château Régis, puis ceux de la Buzine que la traverse du même nom contournait et elle débouchait dans le chemin des Quatre- Saisons. Ces traverses répondent bien à la description des « petits chemins bordés de murs » Cet itinéraire respecte la succession des trois châteaux. Il ne rend pas nécessaire de traverser leurs terres et d’ailleurs, il n’y a pas, là, le canal. Une chose est certaine : La clé de Bouzigue n’ a pas ouvert les portes de la Buzine, mais cela n’interdit pas que le cinéaste Pagnol ait, plus tard « reconnu » dans un éblouissement la propriété qu’il venait d’acheter et qui l’attendait depuis son enfance. Si c’est cet itinéraire que la famille a, en définitive adopté, alors il faut admettre que l’épisode de Bouzigue et de la clé se situe du côté de l’imaginaire, ce qui ne serait pas particulièrement surprenant.
Il n’y a qu’en supposant que ces deux itinéraires ont été testés que l’on peut rassembler tous les éléments clé de l’histoire. La mémoire et la sensibilité de Marcel ont construit un récit bien plus vivant et, en définitive, bien plus véridique que ne l’aurait été une sèche énumération d’éléments disparates. Ce qu’a été la solution choisie par Joseph, avec ou sans l’aide de Bouzigue, nous ne pouvons pas le savoir et, en définitive, peu importe.
J’espère que ces quelques éléments d’information complémentaires vous intéresseront et que d’autres contributions nous feront encore progresser
Je ne peux m’empêcher d’ajouter un commentaire désolé : sur ces quelques kilomètres, nous avons rencontré cinq châteaux, Saint-Antoine, Montgrand, Régis, La Buzine et la Reynarde, qui nous ont rappelé quelle espèce de vallée de la Loire au petit pied était alors la vallée de l’Huveaune. Ô Marcel, ô mes grands- parents, ô mon père, comme vous avez bien choisi le temps de votre présence parmi nous !
Bonjour à tous
je viens de connaitre votre site.
le restaurant les quatre saisons s’appelle auberge la guerine a CABRIES et j’y vit. Un de mes employes a assisté au tournage. J’ai mis deux jolies photos a l’entrée qui plaisent beaucoup
A bientôt
patrick
De quel tournage s’agit il ?
Au restaurant des quatre saisons des Acates, près de la treille ?
ou à Cabriès sur la route de Calas ?
Hélas avec le temps qui passe et les témoins de l’époque qui disparaissent, il est de plus en plus difficile de trouver la vérité vraie sur ce fameux chemin de Pagnol. On sait que Pagnol savait enjoliver les histoires pour en faire des contes et la réalité s’éloigne ainsi d’autant du réel.
Peut-être que Nicolas Pagnol possède encore ces différents secrets de son grand-père et qu’il les conserve dans l’intimité familiale comme l’on gardait secret le lieu d’une source.
Aujourd’hui, les suppositions font référence et elles sont nombreuses. Elles ne deviennent la réalité du moment pour autant que des personnes y croient, mais au fond cela n’amène rien d’autre que d’essayer d’apporter sa pierre à l’édifice de la connaissance de Pagnol.
Pagnol était comme ci ou comme ça. Certes, chacun voit dans Pagnol ce qu’il veut y trouver et par ce point de vue Pagnol touche à l’universel. C’est à dire qu’il peut alors être enrichi de points de vue autres, et c’est cela qui est le plus important et qui rend Pagnol si intéressant.
Quel est alors alors votre point de vue à vous sur cet itinéraire, cette route possible ?
Bonjour !
Je suis en train de préparer un cours de littérature française avec l’oeuvre Le Château de ma mère, de Marcel Pagnol, mais avant de commencer, j’aimerais savoir qui est ou ce que c’est la "Tête Rouge" citée en majuscules dans cette oeuvre sur l’extrait suivant :
" Sur la Tête Rouge, que l’on devinait dans l’ombre, une grosse planète était pendue comme une lanterne, si proche que l’on croyait voir l’espace derrière elle. "
Si quelqu’un de vous peut m’élucider, merci, merci, merci.
Bonjour Neiva et bienvenue
Tête rouge n’est rien d’autre qu’une des collines du Garlaban. Elle doit son nom à la couleur rouge de sa terre, due à la présence de bauxite.
Voir en ligne : Pagnol Romancier
Bonjour, J’ai besoin d’avoir le résumé du livre le château de ma mère
Le résumé doit avoir + ou - 20 lignes.
svp si vous avez ce résumé veuillez répondre a ce message. merci.
Merci d’avance
.Pauline Saint Pierre.
Voir en ligne : le chateau de ma mère
Bonjour Pauline
Il n’y a pas sur ce forum de réponse possible à une demande de résumé d’une oeuvre de Pagnol. "Le chateau de ma mère" est un épisode trop important dans l’oeuvre de Pagnol pour se passer d’une lecture. Ecrivez donc votre résumé, avec vos mots, vos expressions et vivez cette oeuvre, ne vous contentez pas d’un "résumé" : Pagnol ne se résume pas, il se lit.
Et lorsque vous aurez lu "Le chateau de me mère", vous aurez envie d’y mettre les pieds, allez ouvrir cette porte !
Le château de la Buzine, en cours de réhabilitation sous les coups de crayon d’André Stern, va de nouveau voir le jour, mais dans des habits neufs. Les travaux ne sont pas terminés et semble nt prendre du temps, comment vivez vous alors cette période ? Vous attendez de voir le résultat final et écouterez alors ce qu’en disent presse et média, ou vous allez de temps en temps voir l’avancement des travaux et discutez avec votre entourage de la tournure des évènements ?
Passionnés, à vos plumes !
Bonjour,
Il n’est pas possible de télécharger ce livre, car il n’est pas encore dans le domaine public. Il faut attendre 70 ans à partir du décès de son auteur. Marcel Pagnol étant décédé en 1974, ce n’est pas pour tout de suite.
Si un tel site existait il enfreindrait la loi et devrait rapidement fermer.
Sur internet il existe des sites de vente en ligne, vous devez pouvoir commander, y compris du Maroc.
Dans le Garlaban, et depuis longtemps, il y a sept sources. Du temps de Manon des sources, chacun se gardait bien de révéler ses secrets et les sources disparaissaient.
Saurez vous dire le nom de ces sept sources et saurez vous les localiser sur une carte puis sur le terrain.
Les photos sont acceptées :-)
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