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Senteurs d’enfance

vendredi 19 mai 2006, par Allaudien

Les souvenirs d’enfance savent se déguster par biens des sens.


La foule était dense, languissante sur les trottoirs de la capitale, pressée de rejoindre les transports en commun. De ce curieux mélange de gens, d’appareil à air conditionné et de bouches de métro, un puissant fumet m’est monté au visage, venu de je ne sais où.

La vague d’air chaud dégageait une forte odeur de cuir. C’était ce même cuir ou simili qui ornait le car de Monsieur Joseph. La chaude odeur de ce souvenir emplissait mes narines, si bien qu’une image vieille de 35 ans s’est rappelée à ma mémoire. Le car de Monsieur Joseph et ses deux rangées de sièges en simili cuir.

On montait par l’arrière où se trouvaient de grandes portes ajourées d’une vitre. Les deux rangées de sièges étaient disposées sur la longueur et se faisaient face. Les portes du car refermées, le moteur vrombissant annonçait que nous partions, l’école de la vie commençait là.

Le jeudi matin, il n’y avait pas d’école, ce n’était pas le car de monsieur Joseph qui descendait la traverse, mais une 2 CV Camionnette. Deux grands coups de klaxon pour prévenir les petits garçons, c’était un moment de fête, le boulanger était là. L’heure était venue de jouer au marchand pour de vrai, la voisine repartait avec deux grands restaurants, et le boulanger me procurait un menteur, deux ou trois baguettes bien croustillantes, et après un échange de monnaie, un gentil mot d’humour, la journée pouvait continuer. Jeudi prochain on recommencerai.

Enco de Botte, tel était le nom de la petite école communale dont Monsieur Joseph réglait le transport, le matin, le soir et même le midi pour aller rejoindre la cantine qui se trouvait dans le village d’à coté : Allauch.
Il avait la voix douce et agréable, et savait être gentil avec les enfants, trop tôt arrachés au giron familial.
Mais il n’y avait pas de pleurs dans ce car, que des sourires, de la chaleur et les jolies lumières du soleil que les fenêtres laissaientt entrer.

Plus tard, nous avions revus les deux petits cars qu’il utilisait. Ils étaient garés en haut du chemin qui menait à sa maison. Et puis un jour sans soleil, les cars n’étaient plus là, Monsieur Joseph était parti.



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