Je suis le plus bel oiseau de ces lieux, l’unique albatros de cet espace de libre expression. Ma plume admirable et mon aile majestueuse confèrent à ma personne autorité, dignité et infinie élégance.
Je m’approchai de l’humble demeure. Isolée, sise entre ciel et champs, battue par les vents, couverte de lierre, elle ressemblait à un navire au milieu des herbes. Éole faisait grincer ses vieux bois, et son toit de tuiles qui s’affaissait pesait comme un manteau de pierre.
Je le vois à 150 années de distance, arpentant les chemins ensoleillés des environs d’Arles. Avec son chapeau blanchi par la poussière, sa besace typique, son air parisien, je le reconnais.
Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. Le château de ma mère (Souvenirs d'enfance Tome II - 1957) - Marcel Pagnol