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La lettre de Lili


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Escaouprès

  • Posté le : vendredi 6 août 2004, 11:29
  • Sujet : La lettre de Lili

Quelques précisions pour les curieux :

adessias (provençal) : c’est la contraction de "à-diéu-sias", interjection et substantif masculin signifiant "adieu, Dieu soit avec vous". Utilisée normalement en s’adressant à plusieurs personnes, ou à une seule que l’on ne tutoie pas, et seulement quand on se quitte. Cette référence à Dieu quand on se sépare est encore fréquente dans les patois ; d’ailleurs il suffit de songer que le "salut" moderne, soit disant informel, est loin d’être laïc malgré son usage dans l’armée, puisqu’il se réfère au salut de l’âme.

La traduction par "salut" est ainsi doublement pertinente, car c’est ainsi que deux écoliers s’écriraient aujourd’hui.

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Escaouprès

  • Posté le : vendredi 6 août 2004, 12:04
  • Sujet : Escagassé
escagassé(e) : du provençal "escagassa(do)", qui signifie "affaissé, écrasé". Participe et adjectif encore très utilisé de nos jours, souvent au sens figuré, être moralement abattu, attristé, déprimé ; mais il avait encore le sens propre d’accident spectaculaire, de chute dramatique à l’époque de Pagnol. Un arbre escagassé n’est généralement pas complètement détruit, mais comme il s’agit ici de la foudre... Marcel répond d’ailleurs à Lili à ce sujet dans son premier essai de lettre (la "belle") : "Je le priai de présenter mes condoléances au pin escagassé..."
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Escaouprès

  • Posté le : vendredi 6 août 2004, 12:23
  • Sujet : Je prends la plume pour vous écrire...

"Je met la main à la plume pour te dire..."

Ce début était censé faire rire la plupart des lecteurs, au moins les Provençaux, car c’était la formule incontournable placée en début de lettre quand on était à court d’inspiration ou pas doué pour cet exercice (les analphabètes étant encore nombreux dans les campagnes).

Les formules de politesse et les entrées en matière qu’on couchait sur d’immenses feuilles dites "papier ministre" en tirant la langue étaient apprises par-coeur.

Ainsi, les enfants, quand ils étaient forcés d’écrire à un parent ou au Père Noël, de même que les grands-parents qui, tel César, avouaient avoir "la main trop grosse pour le porte-plume" étaient friands de ces formules de remplissage.

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Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins.
Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants.
Le château de ma mère (Souvenirs d'enfance Tome II - 1957) - Marcel Pagnol

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