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La Magie de la Fontaine de Vaucluse

samedi 5 janvier 2019, par allaudien

Octobre, balade à la Fontaine de Vaucluse en remontant le cours de la rivière et, comme vers une fontaine de jouvence, remonter le temps et retrouver ses souvenirs d’enfance. Que la Provence est belle !


2007 allait fermer ses portes sur cette petite balade au sommet de Bertagne et de son paradis, et tant qu’il reste quelques lumières éclairant ce blog, il reste de quoi partager quelques pages de plus sur la Provence.

Cette page pourrait être celle d’un conte de Noël, mais c’est mieux encore !

C’était dans ce temps d’autrefois, peut-être était-ce hier, mais ce me semble loin.
Il y avait une bande de copains, de ceux que l’on se fait à l’école, qui traversent un bout de vie et dont on se souvient longtemps.

Il y avait aussi une allée de platanes avec sur la droite une rivière, enfin ce n’était pas une rivière c’était un phénomène.
Avec nos yeux de gamins de CM2, le bouillon qui se dégageait de cette fontaine était magique. Il y avait beaucoup de bruit, une puissance phénoménale, et de gros bouillons d’écumes qui dévalaient la pente au milieu de massifs rochers.

Au sommet, qui était au pied d’une falaise, le mystère de la résurgence avait marqués nos esprits. Si l’eau qui était là coulait avec force, on ne savait pas d’où elle venait. Magique !
Le commandant Cousteau avait plongé avec son équipe, l’expédition était rentrée bredouille : le mystère du lieu avait vaincu la technique et préservé son charme.

Que c’est beau une journée en Provence, lorsqu’on a dix ans

Gamin, je ne m’étais pas dit : sur ce lieu, je reviendrais. Ce lieu, cette fontaine, comme d’autres lieux tels que les pentes du Garlaban ou Bertagne sont des lieux d’une vie de gamin, ils sont à vous ... tant que vos yeux d’enfants les voient

L’enfant grandit, laisse en Provence ses souvenirs d’enfance et un jour le voila qu’il marche dans ses propres pas.

Le livre des souvenirs s’ouvre alors avec ses pages dorées pleines de sourires et de cris joyeux des enfants.
Nous remontons la route vers la Fontaine d’hier et ses gros bouillons. Nous longeons sur la gauche la longue lignée d’échoppes de souvenirs, le temps n’étant pas aux "Souvenirs de Provence", c’est vers la droite que les réels souvenirs se trouvent, se retrouvent. Le pas rapide dans la traversée du village a pris désormais une vitesse de croisière, le pas est lent, il apprécie. Les paroles échangées ont fait un bon en arrière d’une bonne trentaine d’année. Je regarde dans les yeux des adultes qui tournent les pages avec moi, il n’y a que du bonheur, un brin de nostalgie lorsque le regard se pose, se fixe quelques secondes sur le passé au détour d’un rocher, d’une feuille qui se pose sur l’eau et que le courant emporte. Qu’est ce qu’il fait bon être là, on se croirait chez soi, l’esprit a fait le vide et les moments présents sont appréciés. Lorsque l’on fait du tourisme, on se sent étranger, ici, dans ces moments où le soleil donne au ciel des couleurs que l’on connaît, lorsque la roche prends des teintes familières, on se sent chez soi, on se sent soi. Intenses sont ces moments en tête à tête avec soi, vécus et partagés avec d’autres, un clin d’œil permet de s’échanger des milliers de pensées.

Et toujours la rivière coule, le chemin commence a grimper et de gros rochers occupent le lit de la rivière. De mes souvenirs de gamins, je n’arrive pas à faire remonter celui de l’arrivée au pieds de la falaise. Le sommet est il là, plus loin, encore dix minutes de marche ou bien c’est tout de suite. Avec la hauteur prise, le lit de la rivière s’éloigne un peu de la vue, d’autant que les arbres gênent un peu. Les rochers sont de plus en plus nombreux et le bouillon se fait de moins en moins bruyant. L’arrivée sur le site même est proche. Je pense à ces derniers pas lors de la découverte de la grotte de Grosibou dans le Garlaban. Faute de n’avoir pu la visiter gamin, j’ai découvert la maison du grand duc bien plus tard, les derniers cents mètres avaient été parcourus non plus en marchant mais en activant le pas, comme à la découverte d’un trésor sans penser à rien d’autre que est-ce là ? Non encore en peu jusqu’à arriver sur le lieu et se faire surprendre par la beauté attendue du site qui semble te dire : "je suis là".

J’active donc le pas à la recherche de ces souvenirs d’enfance, de ces cris de copains de CM2, la falaise est là, le pied de la falaise est visible : c’est la fontaine !
Mais pas de gros bouillons, les écumes blanches ne s’éclatent pas sur les rochers. Les rochers massifs sont pourtant là, on peut les escalader et commencer à approcher la fontaine. Le pas a ralenti grandement et l’on voit désormais la cavité d’où l’eau de mon enfance jaillissait en gravant dans ma mémoire des souvenirs magiques.

Avec silence, nous nous approchons de la vielle dame. La cavité est béante sur des mètres et des mètres, il faut s’approcher du bord pour voir enfin l’eau, calme au fond du trou, elle est morte !

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Fontaine de Vaucluse
Fontaine de Vaucluse en octobre 2007

Autour de moi, un moment de désolation, de tristesse. Les yeux, cependant brillent encore. Les souvenirs s’ils ne peuvent être rafraîchis sont par contre bien à l’abri. Le livre de souvenirs peut se refermer tranquillement, on sait qu’on peut l’ouvrir à nouveau, à loisirs, on sait la part de bonheur qu’il y a l’intérieur.

La nature n’a pas pris le dessus sur ce désastre dont la cause est sûrement plus humaine et politique. Avec nos souvenirs, nous ne pouvons rien faire, sauf témoigner du temps passé.
Cousteau a pu avec des recherches et celles qui ont suivi expliquer cette résurgence. Aujourd’hui il y a sûrement un combat à mener, un combat d’une vie ...

La Fontaine de Vaucluse, voir dans les yeux des autres, ses plus beaux souvenirs.



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